Conférences — Une bibliographie commentée en temps réel (2015)

Une série de conférences dans le cadre de l’exposition Une bibliographie commentée en temps réel à Artexte, Montréal

Les 14, 21, et 28 mai, et le 6 octobre 2015

  • Conférence de Richard Martel au sein de l’exposition Une bibliographie commentée : l’art de la performance au Québec et au Canada, Artexte, Montréal, 28 mai 2015. Photo: Guy L’Heureux. Avec l’aimable autorisation de Artexte.

Dans le cadre de l’exposition Une bibliographie annotée en temps réel: l’art de la performance au Québec et au Canada présentée à Artexte, Montréal en 2015, une série de quatre conférences a été tenue au sein-même de l’espace d’exposition. Lors du premier volet de l’exposition, Sylvie Lacerte, Jacob Wren, et Richard Martel ont présenté des conférences. Sylvie Tourangeau a offert une conférence bilingue lors de la réouverture et du deuxième volet de l’exposition.

Programme de conférences

Conférences présentées lors du premier volet de l’exposition (30 avril – 20 juin 2015) :

Conférence présentée lors du deuxième volet de l’exposition (3 septembre – 24 octobre 2015) :

Enregistrements, descriptions, et biographies

Conférence de Sylvie Lacerte : Poésie et storytelling: un itinéraire de la performance chez Vera Frenkel, de la graphie aux nouveaux médias

En français
14 mai 2015, 18h, à Artexte, Montréal

Description de la conférence

Trois œuvres marquantes de Vera Frenkel seront examinées à l’aune de son parcours « performatif » tout au long d’une carrière foisonnante. String Games : Improvisation for Inter-City Video (Montréal-Toronto, 1974), « …from the Transit Bar / …du transitbar » (1992–2015) et ONCE NEAR WATER : Notes from the Scaffolding Archive (2008–2015). Trois œuvres qui figuraient dans l’exposition Vera Frenkel. Cartographie d’une pratique | Mapping a Practice à la SBC Galerie d’art contemporain, en 2010. Ces trois pièces créées à des périodes différentes de la pratique de Frenkel, mais présentées encore jusqu’à tout récemment, sont des exemples remarquables de la démarche performative que Frenkel mène depuis les 40 dernières années. Du spoken word avant la lettre, car Frenkel est aussi poète, aux nouveaux médias, en passant par ses installations, l’artiste n’a jamais apprécié les étiquettes pour décrire son travail, afin d’éviter les catégories trop restrictives. Elle préfère se définir comme une artiste multidisciplinaire, faute d’une appellation plus juste. Pionnière de l’utilisation des « nouvelles technologies » en art, tant au Canada qu’à l’étranger, Frenkel a néanmoins tissé un fil conducteur que l’on retrouve dans toutes ses œuvres.

Biographie de Sylvie Lacerte

Sylvie Lacerte est historienne et théoricienne de l’art et des musées, commissaire et critique d’art indépendante. Elle a publié La médiation de l’art contemporain (2007), tiré de sa thèse de doctorat. Elle a livré des communications au Québec, au Canada, en Europe et en Asie, dont une récente, sur les 9 Evenings, en janvier 2015 à Istanbul. Elle a produit de nombreux textes pour des revues savantes et d’art, des catalogues d’exposition et des anthologies. Sylvie Lacerte a aussi enseigné à l’UQÀM, à l’Université McGill et à l’Université Laval à Québec. En 2010, elle fut commissaire invitée, à la SBC Galerie d’art contemporain, de l’exposition Vera Frenkel. Cartographie d’une pratique | Mapping a Practice ; elle a dirigé à cette occasion la publication du catalogue imprimé et en ligne (Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie). Elle vit et travaille à Montréal.

Conférence de Jacob Wren : An apology that I have not properly documented my early performance work

En anglais
21 mai 2015, 18h, à Artexte, Montréal

Description de la conférence

Partant de sa réticence initiale à documenter son propre travail, Jacob Wren présentera dans cette conférence le développement de sa pratique de performance collective, mode de travail qui considère la situation de la performance comme étant intrinsèquement vulnérable et paradoxale, et qui lutte contre son échec inhérent bien qu’elle soit en quête d’une connexion possible, inévitable.

Biographie de Jacob Wren

Jacob Wren est écrivain, performeur et commissaire. Parmi ses publications figurent notamment Families Are Formed Through Copulation, Revenge Fantasies of the Politically Dispossessed et Polyamorous Love Song, finaliste pour le Fence Modern Prize in Prose de 2013 et sélectionné comme l’un des meilleurs livres de 2014 par The Globe and Mail. En tant que codirecteur artistique du collectif interdisciplinaire PME-ART, basé à Montréal, il a cocréé les performances En français comme en anglais, it’s easy to criticize, Individualism Was A Mistake, The DJ Who Gave Too Much Information et Every Song I’ve Ever Written. Il a grandement voyagé à l’international et écrit abondamment sur l’art contemporain.

Conférence de Richard Martel : Systèmes périphériques et périphérie des systèmes

En français
28 mai 2015, 18h, à Artexte, Montréal

Description de la conférence

Cette présentation de Richard Martel ouvre la réflexion sur le potentiel de l’action comme moyen d’investigation d’un avenir non conditionné et ouvert aux périphéries. En échappant au règne des grands centres, en établissant la pratique sur une base de relations en réseau et en laissant l’activité artistique évincer l’œuvre comme une finalité, il apparaît possible de transformer le système de l’intérieur. Richard Martel poursuivra sur le rôle majeur joué par Le lieu, centre en art actuel dans l’organisation et la participation à plusieurs événements de performance d’envergure ainsi que celui de la revue Inter, art actuel, dans l’exploration du concept de la manoeuvre en relation avec son contexte et son potentiel de remise en cause du modèle dominant.

Biographie de Richard Martel

Richard Martel est un artiste multidisciplinaire québécois installé à Québec depuis 20 ans et qui présente régulièrement ses œuvres tant ici qu’à l’étranger. Actif dans plusieurs domaines, il explore les arts visuels, principalement l’installation et la performance, la vidéo et l’installation vidéo, la radio, l’écriture, l’édition, l’organisation d’événements et l’enseignement. Membre fondateur des Éditions Intervention, dont il est coordonnateur, Martel est à l’origine de la revue Inter, art actuel dont il est toujours rédacteur, et du Lieu, centre en art actuel (1982) avec lequel il organise la Rencontre internationale d’art performance (RIAP) à Québec. Engagé dans la pratique et la théorie, il s’intéresse à l’art comme système d’expérimentation et de transgression, ainsi que comme activité comportementale poétique.

Conférence de Sylvie Tourangeau : Quel performatif générons-nous?

En français et en anglais
Présentée en collaboration avec VIVA! Art Action
6 octobre 2015, 18h, à Artexte, Montréal

Biographie de Sylvie Tourangeau

Sylvie Tourangeau est une artiste, une facilitatrice d’atelier intensif, une auteure et une commissaire indépendante en art performance. Depuis la fin des années 1970, elle s’investit dans un travail solo, en duo et en collectif combinant actions performatives, rituels de circonstances, pratiques relationnelles, art infiltrant et présence furtive. Elle s’est impliquée auprès de plusieurs centres d’artistes tels La Chambre blanche, Québec (1978–1982), Les Ateliers convertibles, Joliette (1990–1996), DARE-DARE, Montréal (1997–2001) et Praxis Art Actuel, Sainte- Thérèse (2009–2011). Tourangeau a également publié des livres d’artistes et plus d’une cinquantaine d’articles sur la performance. Elle a préparé, avec le collectif TouVA (Anne Bérubé, Victoria Stanton et Sylvie Tourangeau), une publication intitulée Le 7e sens : Practicing Dialogues / Practicing Workshops / Practicing the Daily Performative / Pratiquer l’art performance, paru en 2016.

Description de la conférence

Dès la fin des années 1970, Sylvie Tourangeau propose des performances déjouant les modes de représentation au profit d’une présence authentique issue d’une construction identitaire mouvante produisant une transformation sensible du performeur et du spectateur. Dans le souci d’une meilleure compréhension de cette fonction transformative de l’art performance, elle crée au début des années 1980, en marge des institutions académiques, des « workshops » issus de son propre travail d’atelier, nourris par une recherche active auprès de nombreux performeurEs et liés à la circulation de différents discours sur l’art performance. Cette pratique assidue de la performance, d’atelier intensif en collectif et de publication d’articles sur l’art performance au Québec (de la fin des années 1970 à maintenant) a précisé les paramètres d’une recherche globale d’un vocabulaire actif issu directement du processus performatif. Dans cette communication conviviale, c’est sous forme d’interrogation, d’anecdote, et de constats momentanés que Tourangeau abordera les conditions d’apparition d’un performatif d’art performance, la présence d’un performatif de vie, ainsi que les effets d’un performatif de rencontre. Nous est-il possible de développer une conscience qui devienne à son tour performative ? Quel performatif générons-nous ?